L'histoire d’une MGF

Lorsque vous voulez faire pipi, l'urine sort par gouttes pendant environ deux heures. L'histoire d’une MGF racontée par de Sadia Hussein

Sadia Hussein a consacré toute sa vie à la lutte contre les mutilations génitales féminines et aux droits des filles et des femmes. Son militantisme a été inspiré par l'histoire de sa vie, où elle a subi une mutilation génitale féminine.

Je m'appelle Sadia Hussein, je suis une militante des droits des femmes. J'ai subi une MGF à l'âge de 10 ans. Je me souviens parfaitement de ce qui m'est arrivé et chaque fois que je veux en parler, je me souviens de l'incident.

Lorsque j'allais à l'école, mes camarades filles me disaient « tu n'es pas propre », « tu n'es pas complète », car la stigmatisation était trop forte. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à penser que j'avais un problème.

Un jour, ma mère m'a dit « tu seras propre à partir d'aujourd'hui ». Je m'attendais alors à être lavée avec du savon et beaucoup d'eau, mais par malchance, lorsque nous sommes arrivées dans la forêt avec d'autres mères, j'ai été choquée de voir un rasoir. Les mères m'ont allongée, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, car je m'attendais simplement à être lavée à l'eau et au savon.

Lorsqu'elles ont commencé à me mutiler, j'ai ressenti une grande douleur et je ne pouvais pas crier ou me plaindre, car lorsque cela se produit, certaines personnes vous mettent un morceau de tissu dans la bouche, d'autres vous tiennent fermement les mains et d'autres encore appuient sur vos jambes, puis le coupeur procède à la mutilation. C'était très douloureux ; je ne veux pas penser au passé (se sent émue).

Après l'incident, je me suis posée beaucoup de questions, « pourquoi ai-je dû subir tout cela ? ». C'était une expérience très douloureuse et il n'y avait personne pour me répondre. Quand j'ai demandé à ma mère pourquoi tu m'as fait tout ça, elle m'a dit qu'après un mois, la douleur serait passée.

Ce qui se passe, c'est qu'au bout d'une semaine, le médecin vient voir comment tu vas.

Le plus douloureux, c'est quand tu veux faire pipi, l'urine sort par gouttes pendant environ deux heures, tu ne peux pas bien faire pipi parce que ton vagin te démange.

Pendant ce temps, il n'y avait personne pour m’aider et aucune forme de médicament ne m'a été donnée au moment de l'acte. J'ai dû endurer la douleur. Cela m’a aussi vraiment atteinte psychologiquement.

Le problème avec les MGF, c'est que les personnes qui les ont subies ne vous diront pas à quel point c'est douloureux, vous vous y rendez et après, vous serez la première à condamner celles qui n'ont pas subi de MGF.

Pendant la période de la Covid-19, de nombreuses mutilations génitales féminines sont pratiquées dans les villages, mais les gens sont peu enclins à les signaler aux autorités. La plupart des victimes ne parlent pas et il n'y a pas de médecins pour les conseiller.

Source : Par Collins Orono, vidéo originale publiée par « the Global Media Campaign »

Crédit photos : www.dreamstime.com

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